Je suis un Français qui a vécu presque 13 années en Roumanie pour affaires. Je suis arrivé
en Roumanie en 1993.
J'expliquerai une autre fois mon "expérience" en Roumanie, et je
crois même qu'il y a de quoi écrire un livre, sur cela et sur toute une foule d'autres
sujets.
Mais je veux parler ici, des monuments historiques en Roumanie.
J'ai pu découvrir par moi-même certains emplacements antiques sur lesquels avaient existé des anciennes villes,
châteaux, citadelles ou autres fortifications. Mais tout était à l'abandon et là où
existaient encore quelques constructions ou ruines, les Roumains venaient voler les

pierres, briques ou autres matériaux restants pour réparer, construire leur maison,
paver leur cour ou ré-empierrer le chemin d'accès à celle-ci.
Aucune administration roumaine ne s'occupait de ces lieux historiques. Cela n'était pas le
fait de Roumains de base sans culture, mais était pratiqué par tout rang de la population,
la "récupération" semblait être un sport national. Pour preuve, même l'évêché orthodoxe
de Harghita a construit un monastère à Izvorul Mures, quelque chose de grandiose avec
des fortifications, peut-être parce qu'ils ne se sentaient pas en sécurité dans une zone
peuplée à 90% de Hongrois, donc catholiques.
L'empierrage de la cour intérieure a été réalisé grâce à des pierres volées sur une des premières voies ferrées construite il y a
plus de 100 ans par les Hongrois, ligne qui aurait du être classée monument historique.
Peut être voulaient ils démontrer l'expression : "Dieu te le rendra".
Pour ceux qui comprennent le hongrois voir la page du journal "
Hargita nepe" à la date du 13 avril
2002, sous le titre: "
Törvénysértés Csíkkarcfalván".
Article ici
Etant sur place, j'ai pu suivre l'affaire des statues d'Arad, affaire qui a duré des
années, le gouvernement roumain utilisant tous les stratagèmes possibles pour retarder et
surtout ne pas remonter ces ensembles de statues, non seulement artistiques mais aussi
historiques.
Le gouvernement hongrois a essayé d'influencer le gouvernement roumain et a
participé aussi beaucoup financièrement afin que ces statues sortent du recoin où on les
avait mises à l'écart, espérant le lent travail d'oubli généré par le temps qui passe.
La réaction du roumain peut s'expliquer par le fait que dans les écoles on enseignait la
matière scolaire, histoire, fausse.
En effet le Roumain pense que la Roumanie a été envahie par les Hongrois. Aucun Roumain, ou très peu, ne sait que la Roumanie est devenue
la Roumanie actuelle qu'après le traité du Trianon et que leur pays a une ancienneté
d'environ 80 ans. En effet, suite à ce traité, où la France a joué un grand rôle, dont
je ne suis pas fier en tant que Français, la Valachie et l'Oltenie ont reçu en cadeau la
Transylvanie et c'est ainsi que s'est formée et appelée ce pays qu'est à ce jour la
Roumanie.
On pourrait comprendre et même encore excuser ce comportement il y a quelques
années, mais à ce jour, la Roumanie est entrée dans l'Europe et nous sommes à l'ère
d'internet où chacun peut se documenter d'une façon impartiale.
Les Français, que les Roumains aiment appeler "nos frères", ont un rôle important à
jouer dans ce domaine et ouvrir les yeux de ces Roumains, surtout que nous ne sommes
pas clairs dans cet accord du Trianon.
Pour une information succincte je vous donne en référence la page de :
Wikipédia
(Cette page existe en langues étrangères aussi, donc consultable par tous.)
Pour en revenir au triste rôle de Georges Clémenceau, je vous indique la page suivante :
herodote.net
Il faut donc que chacun, surtout sur le plan international, agisse afin que ces œuvres
d'art soient sauvées et essayer d'expliquer cela aux Roumains. Je trouve que les Hongrois

qui vivent encore en Transylvanie sont des gens très, (peut être trop), paisibles et
assez cultivés. Un Français habitué à manifester pour quelque fois des choses ayant peu
d'importance supporterait très mal leur situation de brimades.
Au sujet du Traité du Trianon, l'élève que j'avais été il y a quelques années, était assez
peu informé. A l'école on avait appris que le démantèlement de l'Empire Austro-Hongrois
avait eu lieu et que cela avait été ratifié dans un traité qui portait ce nom.
Quand je suis arrivé en Transylvanie, j'ai commencé à étudier vraiment la Traité du Trianon, au
contact et en entendant les victimes raconter ce qu'elles avaient du subir à cause de ca
traité.
Je me suis donc documenté et j'ai découvert les conséquences de ce traité et surtout les souffrances supportées par les Hongrois séparés du jour au lendemain de leur
mère-patrie, proies abandonnées à la vindicte d'une population revancharde.
Les suites pour la population ont été multiples :
assassinats, emprisonnements, déportations au travail
forcé à la construction du canal du Danube à la Mer Noire, personnes battues, tabassées,
confiscation, nationalisation, bref vol des biens personnels et immobiliers.
Et encore à ce jour des oppressions sournoises et tracasseries continuent à exister, au détriment même
de certaines directives européennes.
Pour ne donner qu'un exemple, sachez que sur le passeport roumain, la case "Nationalité" n'existe pas. A sa place est écrit "Citoyenneté"
et même pour un Hongrois, alors que sur son acte de naissance est écrit "nationalité
hongroise" il se retrouve avec un passeport roumain sur lequel figure "citoyenneté roumaine".
En conclusion, dans un esprit de paix je pense que l'avenir de ces régions démantelées de
l'ancien Empire Austro-Hongrois, comme la Transylvanie peut se trouver dans " l'Europe des
régions", où chacune peut garder ses traditions, que ce soit au niveau de la langue et
dialecte, de la culture, de l'histoire, de la gastronomie, de la religion, etc…
Le rôle de chaque Français concerné est d'expliquer cela aux Roumains, mais aussi à chaque
Français qui n'est pas vraiment au courant, à cause d'un programme scolaire en histoire qui
ne s'étend pas sur ce Traité, peut-être y a-t-il une bonne raison. Restons vigilants et
aidons à faire circuler les informations qui devraient amener la compréhension entre les
peuples.